Top

À lire avant de continuer : en cohérence avec le sujet de l'article, celui-ci présente des images qui peuvent choquer certaines personnes. Il s'agit d'images issues de photo-reportages récompensés et présentent les thèmes suivants : noyade, famine, lynchage public, bombardement, cadavres et nudité infantile. Une violence à découvrir donc avec précaution et dans une optique critique de nos modes de réceptions des images. L’horreur est revenue, entraînant avec elle des réactions qui tiennent parfois du rituel. Des hashtags #Prayfor aux Portes ouvertes, en passant par le dessin symbole, tout laisse penser que notre société redécouvrant le terrorisme a en quelques mois déjà adoptés des réflexes naturels face à l’horreur. Pourtant la violence perçue de l’évènement reste intacte. Traumatisante au possible, laissant peu de place à l’habitude, y compris celle que l’on entretient désormais face aux images. Lynchage de Darius, Noyade d’Alan Kurdi, Assassinats de Charlie Hebdo, Boucheries de Paris, Carnage de Bagdad, Massacre de Nice… Aucun de ces exemples ne peut prétendre à un même traitement de l’image en France et révélent la pataugeoire dans laquelle nous évoluons quant il s’agit de montrer la violence. Pour cause, elle fait appel à de nombreux registres culturels et émotionnels qui sont infiniment plus complexes que ce que l’on peut penser et pour lesquels nous ne sommes que peu préparés.