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Blackmagic Pocket Cinema Camera : Le Grand Test

Cela fait maintenant un petit peu moins d’un mois que je me trimballe avec Une Blackmagic Pocket Cinema Camera. Cette petite caméra qui fait tant parler d’elle depuis son annonce en avril dernier au NAB. Quoiqu’il puisse exister comme polémique autour de la caméra ou de la politique de Blackmagic, il faut bien admettre que la Blackmagic Pocket Cinema Camerav est une camera hors normes, unique, aux fonctionnalités particulières. En bref elle ne ressemble en rien à ce que l’on peut trouver sur le marché. La camera est à peine plus grosse qu’un iPhone, a un design rappelant celui de la serie NEX de chez SONY, mais propose dans un boîtier Super16 un enregistrement Full HD 10 bit en ProRes 422 HQ ou en RAW sur carte SD. Pour le moment le RAW n’est pas disponible et je n’ai pu tester que l’enregistrement en ProRes. Mais le RAW sera disponible par l’intermédiaire d’une mise à jour Firmware, qui ne devrait plus tarder maintenant, car on voit arriver sur la toile les premières images RAW issues de la caméra. Composante importante : son prix. Pour 750€ HT, vous pouvez filmer en Full-HD 10 bits, en ProRes ou en RAW et profiter des 13 arrêts de plage dynamique qu’offre la caméra. En bref, c’est une caméra de cinéma dans un tout petit boîtier compact à transporter partout.

télécharger les images RAW issues des tests de John Brawler. 

Présentation Générale et première Prise en main :

La camera est fait d’un alliage de magnésium et de plastique très agréable au toucher. Son poids peut surprendre au départ ; elle est plutôt lourde, mais c’est ce qui fait que je trouve la prise en main très agréable. Le grip est plutôt bien proportionné pour mes petites mimines, mais devraient être handicapantes pour des grosses mains. Les boutons ont été reduit au strict minimum. 9 boutons sur la facade arrière, 4 sur la facade supérieure, et un écran LCD de 3,5 pouces. Niveau connectique on retrouve sur la façade latérale une prise 12V pour le chargeur, une prise HDMI de type D pour le monitoring vidéo, deux connectiques jack 3,5mm pour l’audio à savoir une prise casque et une entrée micro. Et enfin une prise pour un dispositif de commande LANC.

packshots

 Cette simplification induit que l’ensemble des réglages s’effectuent depuis les menus de la caméra. On y accède depuis le bouton « Menu » et on y navigue à l’aide de la croix directionnelle. Même si les boutons jouissent d’une bonne construction, il devient quand même assez vite pénible de naviguer avec. À titre d’exemple pour changer la sensibilité ISO pendant un tournage, il ne faudra pas moins de 5 opérations! On est donc loin de l’écran tactile de la Cinema Camera qui permettait de naviguer relativement rapidement entre les menus. Même si on retrouve les même menus, l’absence d’écran tactile fait que chaque changement de réglage devient vite laborieux. Pour le reste on retrouve les menus traditionnels Blackmagic : réglages de Prise de vue / Audio / Enregistrement / Monitoring.

menus

Jusqu’ici rien de nouveau, les menus sont identiques à ceux de la Blackmagic Cinema Camera. Simplifiés au maximum mais avec de bonnes idées (Intervalomètres, possibilité de prévisualiser l’image en REC709 lors d’un enregistrement en Log…) Mais j’ai toujours été un peu dubitatif sur les termes utilisés par Blackmagic pour ses menus. La cohabitation des termes ISO et ASA pour la sensibilité en est un exemple flagrant. Même si en soit ce n’est pas gravissime je ne comprends pas l’intérêt d’entretenir la confusion. Pareil pour la dénomination relative à la plage dynamique : “Vidéo” ou “Film”. Admettons que ce soit une simplification à destination des utilisateurs lambdas voire d’utilisateur DSLR ; je ne vois pas l’intérêt de ne pas mettre “REC 709” et “Log” quand dans les vitesses d’obturation on utilise des valeurs en degrés (ce que entre nous je préfère). Il y a donc une espèce de mélange de termes Grand Public / Pro qui me laisse un peu perplexe. Pour ma part je basculerais tout en mode Pro. Car si la volonté de Blackmagic est d’attirer des amateurs de vidéo vers des solutions professionnelles en terme notamment de Post-Production et correction colorimétriques, grâce à ses caméras, autant y aller jusqu’au bout en leur donnant toutes les clefs pour après utiliser efficacement un Resolve. Un autre point qui m’a posé problème est la disposition des menus au sein de la caméra. Prenons l’exemple  du menu des réglages de la caméra. Les premiers réglages sont l’identification de la caméra, la date et l’heure. Soit quelque chose que l’on configure une fois à la première utilisation, puis PLUS JAMAIS, mais qui pourtant vont faire obstruction dès que l’on va vouloir aller régler la sensibilité, la température de couleur ou la vitesse d’obturation. Une petite fonction pour disposer nous même les menus en fonction de notre utilisation serait vraiment top!

Tournage

Lors du tournage, on va retrouver cette barre d’informations très discrète, qui rappelle un peu celle de Magic Lantern sur les boîtiers Canon, et qui va nous laisser une grande place à l’image, ce qui est toujours appréciable lorsque l’on dispose d’un écran de 3,5 pouces, surface supérieure à ce à quoi on a été habitué sur des DSLR. On va y retrouver : Le format du fichier, l’ouverture de l’Iris (avec objectifs électroniques), la cadence d’image, l’état de la carte SD, la durée d’enregistrement, la sensibilité, l’angle d’boturation, la température de couleur, et l’état de la batterie. Si dans l’ensemble cette barre se suffit à elle-même, ce serait super de pouvoir y voir figurer le temps restant sur la carte ou de pouvoir afficher sur l’écran un histogramme ou des vu-metres audio.

metadatas

En appuyant sur le bouton « OK » à partir de cet écran on va accéder à l’écran des Metadonnées. À chaque plan vous pouvez décider d’adjoindre des métadonnées, ce qui sera plutôt pratique lors de l’import de vos rushes en post-production, notamment sur Final Cut Pro X et Resolve. Vous pouvez y adjoindre des tags, des commentaires, nommer votre projet etc… En théorie l’idée est bonne et marchait plutôt bien avec la Cinema Camera, seulement voilà, utiliser la croix directionnelle pour pouvoir naviguer sur un écran, c’est comme si on me reprojetait dans un vieux jeu vidéo sur GameBoy. Impossible de corriger les fautes de frappe, un temps consacré outrancier. Mais notons tout de même que le slate va permettre d’organiser vos rushes, en leur consacrant un numéro de scène, de bobines, de camera, et d’opter pour une auto-incrémentation automatique. C’est à dire qu’à chaque fois que vous allez appuyer sur le bouton REC, le numéro de votre plan va augmenter de un. C’est plutôt pratique et dans Final Cut Pro X, retrouver les tags, pour un peu qu’on ait pris le temps (et qu’on l’ait eu déjà) de le faire, est plutôt appréciable.

En tournage, il va sans dire que la principale qualité de cette caméra est son rapport taille/Qualité d’image. Pour un si petit boîtier, la qualité d’image délivrée est tout simplement sans commune mesure avec ce qui existe. Comparé à un DSLR, on est bien au dessus du lot. Le ProRes 4:2:2 10 bit délivre une image très douce, très cinématographique avec peu voire pas d’effets de moiré. Les 13 arrêts de plage dynamique apportent une véritable flexibilité à l’étalonnnage. C’est un véritable plaisir de travailler avec. Retrouver des détails dans les ombres devient un jeu d’enfant. Même si la Blackmagic Pocket Cinema Camera est dotée d’un petit capteur Super 16, ses performances en basses lumières sont plus que satisfaisantes. Moi qui m’attendait à ce que la camera pêche de ce côté là, même à 800 et 1600 ISO ses sensibilités maximales, le bruit apparant ressemble beaucoup à un grain cinématographique plutôt doux. Côté sensibilité c’est plutôt du côté des fortes luminosités qu’il devient difficile de gérer. La caméra ne dispose pas de filtres de Neutre de densité intégrés, et la sensibilité ne descend pas en dessous de 200 ISO quand la sensibilité native est de 800 ISO. Même à un diaph de 22, c’est parfois compliqué de retrouver une exposition correcte sans tomber dans des vitesses d’obturation excessives. Il vous faudra donc une bonne panoplie de filtres externes pour accompagner vos objectifs et ainsi limiter ces effets de surexpositions. Mais quoiqu’il en soit le résultat est là : sans vouloir aller dans les superlatifs gratuits, l’image est époustouflante face à tout ce que j’avais pu espérer pour un si petit boîtier.

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Comme vous pouvez le voir, j’ai pu faire pas mal de plans à la Foire Aux Plaisirs de Bordeaux, qui je trouve est un excellent terrain de jeu quand il s’agit de se faire une idée sur une caméra. Beaucoup de spots lumineux, des stands avec des multitudes de détails (bonbons, peluches…), différentes densités d’atmosphère (fumées, bords de fleuve, grands espaces) et températures de couleurs. Ce fut tellement agréable de découvrir la latitude que j’avais dans les corrections colorimétriques sur DaVinci par la suite, que je ne me suis pas lassé d’y retourner encore et encore dès que j’en avais l’occasion.

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téléchargez les fichiers sources : 

REC 709 l Blackmagic LOG

Monture et objectifs / Mise au point :

Concernant les objectifs, Blackmagic a rejoint le consortium formé par Panasonic et Olympus pour le développement du format Micro Quatre Tiers. Ce qui fait que la Pocket Camera en possède une monture active. Vous allez donc pouvoir monter vos derniers objectifs Olympus et Panasonic et contrôler l’ouverture directement depuis la camera, avoir une gestion de l’autofocus et de la stabilisation d’image.

Même si j’aurais aimé avoir une stabilisation incluse au boîtier (à la manière de l’Olympus OMD-EM5), on a quand même une nette amélioriation comparé à la Cinema Camera qui ne possédait qu’une monture passive et necessitait donc l’utilisation d’optiques manuelles. L’autre avantage de la monture Micro Quatre Tiers c’est que vous allez pouvoir utiliser un large éventail d’objectifs qui ne sont même pas nécessairement au format MFT. Vous trouverez sur Internet des tonnes de bagues d’adaptations qui vont vous permettre de monter des objectifs de type Nikon, Canon, Zeiss, ou même des objectifs cinéma de type PL directement sur votre Blackmagic Pocket Cinema Camera. Attention cependant à la qualité des bagues que vous achetez. On peut trouver des bagues à des prixs très différents, mais leur qualité de fabrication varie en conséquence. J’ai par exemple une bague Nikon vers Micro Quatre Tiers acheté une trentaine d’euros sur Internet qui s’adapte très bien sur mon GH3, mais pas sur la Blackmagic Pocket Cinema Camera, en raison d’un usinage approximatif. De toutes manières s’il existe de très bonne bagues d’adaptations, gardez à l’idée que vous perdrez toujours en performances optiques, ne serait-ce que légèrement, en optant pour ce système.

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De gauche à droite la Pocket Camera équipée : d’un objectif Panasonic 12-35 f/2,8 / d’un objectif Nikkor 135mm f/2,8 avec bague d’adaptation / d’un objectif à monture C Canon 16-100mm f/1,9 avec bague d’adaptation.
(NB: la bague Nikon ne se fixe pas optimalement sur la monture de la Pocket)

Un autre aspect à prendre en compte dans son choix d’objectif est la taille du capteur. C’est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre, mais le crop factor de la camera est de 2,8. En terme d’équivalence de focales, un 12mm sur une Blackmagic Pocket Cinema Camera est un equivalent 35mm sur un 5D. Il va donc falloir dénicher des optiques grand angle pour retrouver des angles de prise de vue assez larges. On a la chance de pouvoir trouver chez Panasonic des zooms grand angle dont les performances optiques sont très bonnes dans ces gammes de focale. C’est le cas du 7-14mm et du 12-35mm. Sinon vous pouvez opter pour de vieilles optiques Super16 en monture C que vous adapterez sur votre boîtier. Attention quand même, on trouve beaucoup de ventes d’objectifs C sur Internet, mais tous ne sont pas adaptés à la Blackmagic Pocket Cinema Camerad. Certains objectifs C viennent de dispositifs de vidéo surveillance et sont d’une qualité optique largement inférieure à ceux de cinéma. Vous aurez donc des effets de distorsion, de vignettage. Demandez à tester avant d’acheter à l’aveuglette. Notez aussi que le crop factor peut faire des ravages quand les optiques ne sont pas stabilisées.

finalcrop

Le dernier point important à savoir c’est que la présence d’un petit capteur induit une gestion de la profondeur de champ différente. Plus le capteur est petit plus la zone de netteté entourant votre point est étendu. Par exemple ici, à même ouverture, même sensibilité et même vitesse d’obturation vous pouvez voir la zone de netteté s’agrandir au fur et à mesure que l’on passe du 5D, à un GH3, puis à la Blackmagic Pocket Cinema Camera.

DOF

Le crop factor, la profondeur de champ. Tout cela peut être un frein à votre choix. Pour autant j’ai tourné la plupart des plans avec un Panasonic 12-35mm, et je dois dire que j’y ai largement trouvé mon compte en terme de focales. Je n’ai que très rarement été gêné en plan large, auquel cas je me suis rabattu vers le 7-14mm. Même si c’est vrai que j’aurais aimé une profondeur de champ un peu plus faible parfois, gardons en tête qu’une zone de netteté étendue peut être un atout lorsqu’il s’agit d’effectuer la mise au point en mouvement ou sur le vif.

Le peaking en action (Une image piquée à Anthony Burokas du site streamingmedia.com)

Un exemple d'un plan dont le peaking semblait correct et dont la netteté n'est pas optimale.

Un exemple d’un plan dont le peaking semblait correct et dont la netteté n’est pas optimale.

La mise au point est un sujet sensible sur la Blackmagic Pocket Cinema Camera. Si le système possède un système de peaking auquel on accède en appuyant deux fois sur la touche focus. La mise au point n’est pas si évidente que ça. La tolérance du peaking est un peu lâche. Il met parfois en surbrillance ce qui n’est pas parfaitement net. Avec l’habitude on arrive finalement à jauger efficacement, mais dans mes premiers jours je ne compte pas le nombre de plans légèrement flous. Il faut dire aussi que l’écran LCD n’aide pas non plus à la tache. Il a beau être grand, il est inefficace en plein soleil, ou dès que l’on pose la caméra par terre ou en hauteur. C’est pour moi le défaut majeur de la caméra, celui qui m’a le plus agacé. J’aurais préféré une caméra un peu plus épaisse et un peu plus chère, mais avec un écran OLED orientable. Ou alors un accessoire malin de type loupe fourni avec. Ce type d’accessoire optimisé pour la Blackmagic Pocket Cinema Camera se trouve déjà sur la toile, cependant, je lance un appel aux constructeurs, si quelqu’un pouvait avoir la bonne idée d’en construire un du type de ce que j’ai dessiné si dessous, je crois que ce serait infiniment plus pratique, et je signe direct. (On passera sur la simplification des schémas, l’idée étant de créer un accessoire type Waist Level Finder Moyen Format).

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Vous allez me dire, oui mais on peut faire appel à l’autofocus. Dans mon cas, l’autofocus s’est souvent avéré trop lent ou tellement peu précis que j’en ai rapidement fait l’impasse. Pour moi il s’agit d’une fonctionnalité inutile tant son taux de réussite avoisine le 0%. C’est un peu le même cas pour le bouton IRIS. Il vous permet de laisser la caméra régler automatiquement votre IRIS en fonction des informations contenues dans l’image. Mais une fois sur deux, un reflet, ou un lampadaire fausse la mesure et vous vous retrouvez avec un IRIS fermé au maximum. Je ne dis pas que c’est une fonction inutile. Elle s’est avérée bien pratique dans certains cas, mais elle manque encore de précision. Je trouverais beaucoup plus intelligent de laisser ces boutons assignables à d’autres fonctions  (comme la température de couleur ou la sensibilité ISO…Ce serait bien pratique), à la manière des boutons Fn du GH3 de Panasonic.

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Batteries et Cartes SD : 

Niveau Autonomie, la Blackmagic Pocket Cinema Camera fonctionne avec une batterie amovible EN EL20. C’est celle qui équipe les Nikon V1. Elle assure à peu près 1 heure de tournage en ProRes. Ce qui est peu. Mais vous pourrez trouver des batteries de rechange pour des prix allant de 15 à 40€. Comme elles sont extrêmement compactes et peu onéreuses, en fonction de votre utilisation vous y trouverez votre compte en en achetant une ou deux supplémentaires. La caméra est fournie avec un chargeur 12V adaptable sur l’ensemble des réseaux mondiaux. C’est un petit truc, l’air de rien comme ça, mais qui moi m’a touché. Plutôt que de devoir acheter sans cesse des adaptateurs pour un voyage, en racheter un autre pour encore une occasion unique. On a tout d’un coup. Cela va dans le sens d’une camera de baroudeur, et ça me plaît. (Oui il m’en faut peu.) Il manque juste une petit LED pour indiquer que la caméra est en charge et ce sera tiptop.

batteries

On parle aussi beaucoup des cartes SD. Leur emplacement à côté de la batterie sur le dessous de la caméra permet de gagner pas mal de place, mais le fait de les avoir placé là au lieu d’un slot sur le côté rend leur accessibilité difficile quand on doit les changer en tournage. Or l’enregistrement en ProRes ou en RAW va nécessiter des cartes à haute capacité et à débit d’écriture élevé, qu’il vous faudra vider régulièrement si vous avez beaucoup de rushes à enregistrer. Blackmagic recommande les SanDisk Extreme, voire les Extreme Pro dans le cas du RAW. Problème de ces cartes, elles restent relativement chères. Certaines cartes d’autres constructeurs pourraient faire l’affaire mais elle ne sont tout bonnement pas reconnues par la caméra. De mon côté j’ai testé les cartes SONY à 94Mb/s, elles fonctionnent à merveille et offre un excellent rapport qualité prix. Notez que les cartes SD doivent être formatés en exFAt ou HFS+. Mais qu’il n’est pas possible de le faire depuis la caméra. POURQUOI? C’est un peu gênant quand on sait qu’il est aussi impossible de supprimer les clips d’une carte depuis la caméra. Si vous partez en tournage avec une carte pleine, ou formaté dans un format incompatible, si vous n’avez pas d’ordinateur à portée de mains, il ne vous reste plus qu’à attendre qu’un camion passe et à vous jeter sous ses roues. (Ou alors, ça vous servira de leçon cuisante et vous n’irez plus jamais en tournage sans avoir vérifié avant de partir le bon fonctionnement de votre matériel. Mais bon on est jamais à l’abri d’une erreur).

photo

Le calcul est très simple ; en ProRes 1080p 25, 1min = 1GB. Une carte de 64 GB vous permet donc de contenir une heure de rushes. (Comme sur n’importe quelle caméra,) il est donc primordial de poser son plan, vérifier ses réglages (iris, focus) AVANT de lancer l’enregistrement pour économiser le maximum de place, à la fois sur la carte, MAIS AUSSI sur votre ordinateur / serveur / etc… par la suite. (Par pitié pensez aux techniciens de post-production qui interviennent après vous!).

Quoiqu’il en soit, à moins que vous ne soyez ce que j’appelle un serial-shooter, la capacité des cartes, du moins en ProRes, ne devrait pas être un problème pas plus que l’autonomie des batteries, si vous consentez investir quelques euros supplémentaires dans une seconde carte SD et un jeu de batteries. Dans mon cas j’ai rarement atteint dans une session de shoot les limites de ma carte SONY 64 GB. J’en ai toujours eu une de rechange au cas-où mais la nécessité ne s’est jamais fait sentir. On verra quand viendra l’enregistrement en RAW.

audio

Concernant l’Audio :

Alors que ce n’est toujours pas une évidence sur certains boîtiers Canon, la Blackmagic Pocket Cinema Camera jouit d’une prise micro jack 3,5mm ainsi que d’une prise casque au même format. À priori une bonne idée quand on prend de plus en plus l’habitude d’enregistrer l’audio séparément pour perdre du temps en Post-Prod à resyncrhoniser tout. Pour une caméra destinée à priori à une utilisation solo, c’était à mon avis incontournable. Si on passe sur le pas de vis de la partie supérieure de la caméra qui nécessitera que vous achetiez un adaptateur grippe flash pour y brancher votre micro type Rode VideoMic Pro, la solution demeure compacte et pratique (et en soit le pas de vis est plutôt futé, il permet de brancher tout un tas de trucs en dehors de l’audio). Seulement outre que les réglages audio font état de réglages tellement peu précis (graduations en pourcentages, pas de vu-mètres), ils sont parfois assez inadaptés. Par exemple on a la possibilité d’effectuer des réglages entre les canaux 1 et 2 de notre microphone stéréo (puisque la Blackmagic prend en charge le jack stereo), sans possibilité de voir sur quel canal on agit vraiment, à moins d’avoir un retour casque. Or, et je ne sais pas s’il s’agit de mon exemplaire ou non, mais quand j’ai essayé de faire du monitoring directement depuis la prise casque de la camera, le souffle était tellement énorme (même à micro coupé) que je n’entendais plus que ça. Il a donc fallu que je tatônne un peu et que je prie beaucoup pour avoir un audio acceptable.L’absence de vu-mètre est donc véritablement handicapante. Bonne nouvelle cependant quand vous branchez un micro mono sur la prise jack, la camera ne choisit pas d’allouer le canal inutilisé au microphone interne dont la qualité est évidemment assez médiocre (quoique je m’attendais à pire). Notons que la camera aura au moins cette fonction que l’on jugera pratique ou agaçante de switcher directement en niveau Ligne si les niveaux audio sont trop élevée sur une trop grande période.

La camera est en revanche un dispositif idéal pour la réalisation d’interview en extérieur. Malgré toutes ses énormes manques ou défaillance partie Audio, à partir du moment où je l’ai fixée sur un monopode, y ait adjoint un micro Rode VideoMic Pro (image ci-dessus), réglé mon plan du mieux que je le pouvais et tout récupéré en post-production, j’ai juré qu’elle serait ma caméra favorite pour des interviews en extérieur sur le vif. L’audio (par chance?) était sans défauts majeurs; pas de souffle, pas de bruit de fonctionnements. Et en valeur ajoutée la qualité d’images de la Pocket Camera pour mettre en valeur le plus possible les visages, la latitude en post-production pour corriger les défauts éventuels. Et la compacité du système, et donc sa discrétion.

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Fonctions intervalomètre:

Si les réglages de Blackmagic Pocket Cinema Camera sont tout ce qu’il y a de plus basique. Il y a toujours cette petite fonction intervalomètre qui a attisé ma curiosité. Pourquoi cette fonction, alors que l’on a même pas la possibilité de changer de résolution d’images ou d’atteindre des cadences suffisantes pour un slow-motion (n’est ce pas aberrant de voir un iPhone carburer à 120fps, alors que la Pocket ne permet ne serait-ce qu’un mode 720p60?) Pour moi, l’intervalomètre, c’était un peu la fonction gadget. Mais quel gadget! Alors qu’au final le principe est le même que sur un DSLR, l’ensemble m’a paru beaucoup plus simple à manier. On définit l’intervalle entre deux images, éventuellement la vitesse d’obturation si vous recherchez un effet particulier (très saccadé ou images fantômes par exemple), et puis vous calez votre plan et c’est parti. L’avantage est que vous vous retrouvez au final avec un fichier ProRes déjà compilé à placer juste sur votre timeline, plutôt qu’à recomposer une suite d’images dans votre logiciel de montage. Ca c’est plutôt sympa. La compacité de la Blackmagic Pocket Cinema Camera va vous permettre en outre de la placer dans des endroits atypiques pour obtenir des vidéos du plus bel effet, avec toute la qualité inhérente à la caméra! Quelques petits hics que Blackmagic pourra aisément corriger : impossible d’éteindre l’écran pendant la prise de vue TimeLapse. La batterie fond fond fond comme neige au soleil au fur et à mesure que l’appareil prend des images. Ca aurait été beaucoup plus ingénieux de proposer, voire d’imposer une fonction extinction automatique de l’écran pour sauvegarder la batterie. De même, à la fin de votre prise de vue Timelapse, n’oubliez SURTOUT PAS de revenir dans les menus pour éteindre la fonction intervalomètre. Tête de linote que je suis, j’oublie souvent ce petit détail et je me suis retrouvé avec quelques dizaines de minutes enregistrées en Timelapse, alors que je pensais shooter en cadence normale. L’extinction de la caméra n’y fait rien ; même après redémarrage de votre appareil, la caméra garde en mémoire la fonction intervalomètre, alors que je trouverais plus pratique qu’elle soit réinitialisée par défaut.

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téléchargez les fichiers sources : 

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Conclusion – À qui se destine cette caméra?

Il y aurait tant et tant de choses à développer sur la Blackmagic Pocket Cinema Camera. Dire que par exemple en studio et sur fond vert elle se défend plus que bien, aborder l’anamorphique ou les optiques cinéma… J’en aurais encore beaucoup à dire, mais pour l’essentiel, c’est là. Le reste fera peut-être l’objet d’autres articles (d’où le Partie 1). La Pocket Camera est une des caméras les plus ambiguës que j’ai jamais pu observer et tester. Si comme moi vous attachez une grande importance à l’ergonomie d’une caméra, sachez que vous allez vous arracher les cheveux. La simplication des réglages à l’extrême part d’un bon sentiment mais devient vite handicapant à cause de quelques maladresses que Blackmagic n’aura aucun mal à corriger soit par une mise à jour firmware majeure, soit par une version 2 de la caméra au NAB prochain. Un des symptomes de ce manque d’ergonomie c’est que j’ai fini par troquer mes objectifs électroniques pour des objectifs pleinement manuels car matraquer les boutons Haut et Bas pour régler mon IRIS me faisait perdre un temps précieux. Quitte à sacrifier ma stabilité j’avais au moins ma réactivité. Pour le reste la Blackmagic tient ses promesses : une qualité d’image hors du commun pour ces gammes de prix (et même au delà…), un format compact et discret, une caméra à transporter partout à condition d’avoir le jeu de batteries qui va avec.

Car en réalité si on peut voir beaucoup d’images de la Blackmagic Pocket Cinema Camera équipée de moniteurs, d’objectifs Cinéma; pour ma part je considère que c’est un non-sens. L’atout de cette caméra, c’est sa compacité. Si c’est pour la perdre en y adjoignant des objectifs à 20 000$ autant dans ce cas là opter pour une caméra qui va avec. Non le petit design de la camera en fait un redoutable outil de travail dans des conditions où la discrétion est exigée. Je l’ai emporté avec moi, dans ma poche de blouson (c’est dire comme c’est compact…) et j’ai pu filmer dans le métro, dans un bar de jazz, dans des restaurants, sans JAMAIS être embêté. Chose qui m’arrive quand même plus fréquemment lorsque je sors une caméra où même mon GH3. (“Vous filmez/prenez une photo là? – Pourquoi?). On a simplement l’impression que vous êtes un touriste qui prend une photo. En réalité vous réalisez des plans. Pour moi l’atout est énorme. J’imagine assez facilement pouvoir tourner des plans de fiction dans la rue sans devoir installer des renforts Régie prévenant les gens de ne pas regarder l’installation caméra nécessaire pour une captation RAW. C’est pareil pour de la vidéographie (vidéo en art plastique où les budgets sont moindres voire inexistants). Bénéficier d’une qualité idéale pour prendre des images de stock à réinsérer après dans son travail, sans être emmerdé une seule fois, mais où signe-t-on? L’avantage étant qu’effectivement au besoin, vous pourrez à grand coups d’accessoires (et donc d’investissement), l’équiper de telle sorte à ce que vous ayez une caméra de fiction lourde au traitement RAW avec 13 arrêts de plage dynamique, sans avoir à investir dans une nouvelle caméra. Mais encore une fois, je trouve que broder autour d’un petit boîtier au lieu d’en louer un pleinement équipé, c’est un peu irréfléchi.

Outre ses problèmes d’ergonomie conséquents, la Blackmagic Pocket Cinema Camera est aussi une caméra didactique. C’est à dire qu’elle ouvre la voie vers une pratique audiovisuelle professionnelle. Car il ne faut pas vous y tromper, les images délivrées sont des images qui nécessitent un traitement colorimétrique. Même en mode Vidéo/REC709! Ne serait-ce que parce qu’il n’existe aucun réglage de balance des blancs mais uniquement un réglage de température de couleurs. Vous devrez alors réajuster vous même vos blancs et vos noirs et éventuellement retoucher au contraste. Le mode Vidéo/REC709 offre une image plutôt fidèle aux couleurs perçues à l’oeil nu, mais elle pourra vous paraître un peu terne si vous êtes habitué aux DSLR. Quoiqu’il en soit vous devrez sans doute passer par l’étalonnage (et ce n’est pas plus mal). Le résultat des courses et que pour un peu que vous y mettiez du votre, vous serez à même de d’enrichir considérablement vos connaissances en terme d’image et son traitement en post-production.

L’avantage de la Blackmagic Pocket Cinema Camera est indéniablement son prix. La qualité d’image offerte est hors du commun pour cette gamme de prix. Si vous cherchez le meilleur pour le moins encombrant, si vous êtes prêts à faire des sacrifices énormes sur l’ergonomie pour ça. Alors c’est sûr la caméra est faite pour vous. En revanche, si la compacité n’est pas votre nécessité, la Cinéma Camera se trouve juste au dessus pour une centaine d’euros en plus, vous y gagnerez en angle de prise de vue (crop factor de 2/2,3), en résolution (2,5K), en souplesse (écran tactile, sunhood…), le tout tout en conservant les 13 arrêts de dynamique et la qualité RAW. Vous perdrez certes le bénéfice de la monture active Micro Quatre Tiers, mais comme je vous l’ai dit, sur la Pocket elle ne m’a servi uniquement pour la stabilisation des objectifs compatibles.

Je suis dans ce que les anglais appellent a “love/hate relationship” avec cette caméra. Je l’adore autant que je la trouve insupportable. J’adore son image, j’adore sa compacité, j’adore ce que Blackmagic a fait dans un si petit boîtier. Mais ses défauts ergonomiques ou fonctionnels m’énervent aussi à un niveau élevé. Dans le monde des fantasmes je me plaît à imaginer une version 2 de la caméra pour laquelle je craquerai complètement :

Résolution up to 4K (comme ça pour le fun)

Ajout du DNxHD

Filtres Neutre de densité intégrés (je pense vraiment qu’il y a créneau à explorer dans ce domaine.)

possibilité d’appliquer des LUT exportées depuis DaVinci Resolve pour le monitoring.

Vu-mètres, Waveform sur écran LCD, temps restant sur la Carte.

Un écran OLED orientable tactile / Accessoire type loupe.

Boutons Fonctions customisables.

Formatage et suppression des clips directement depuis le corps de la caméra.

Menus personnalisables.

Multi-résolution / cadences d’images élevées .

fonctionnalité Slow Motion.

extinction automatique

Retrouvez l’ensemble des vidéos sources à télécharger gratuitement : 

Dossier de téléchargement Blackmagic Pocket Cinema Camera

Dossier BMPCC

Note importante à propos des fichiers accessible au téléchargement : Les images capturées à l’aide de la Blackmagic Pocket Cinema Camera et mises à disposition par le Laboscope sont destinées à un usage STRICTEMENT personnel et non commercial. Ces images de par leur contenu ne peuvent servir en aucune manière de matériel pour un projet de quelque nature que ce soit.

 


Puisque vous êtes là…

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